Faites progresser vos équipesPilotez facilement votre entrepriseAYDI TOOLBOXAYDI TOOLBOXÉtude Sectorielle Détaillée du Marché de l’Agriculture au Maroc

Introduction

Le secteur agricole marocain constitue le fondement socioéconomique du Royaume, générant une contribution au PIB d’environ 109 milliards de dirhams en 2025 (approximativement 9% du PIB national) et employant 3 à 3,5 millions de personnes, soit 30-38% de la population active marocaine. Plus que tout autre secteur, l’agriculture demeure l’épine dorsale de l’emploi rural et le moteur de la sécurité alimentaire nationale, bien que soumise à une extrême volatilité climatique reflétée par des fluctuations annuelles majeures de production. Entre 2003 et 2025, le secteur a enregistré une trajectoire de progrès marquée par un doublement de la productivité par hectare (de 12 à 17 quintaux/ha) et une diversification progressive des filières, mais aussi par des crises structurelles : sécheresses succession (2024 enregistrant un effondrement de 60% de production céréalière), dépendance persistante aux importations alimentaires (54% des besoins céréaliers seulement couverts localement), et stress hydrique critique menaçant la viabilité long terme. Le gouvernement marocain a réagi en adoptant deux stratégies transformatrices majeures : le Plan Maroc Vert (2008-2020) et sa continuation Génération Green (2020-2030/2050), visant à moderniser l’agriculture, incluire les jeunes et femmes, doubler le PIB agricole, et assurer la durabilité environnementale. Cette étude comprehensive offre une analyse détaillée de la structure du secteur agricole primaire marocain, de ses filières, de ses défis et de ses perspectives futures.[1][2][3][4][5][6][7][8][9]

chart:258

Importance Économique et Socioéconomique du Secteur Agricole

Contribution au PIB et Volatilité Macroéconomique

Le secteur agricole marocain contribue à hauteur d’approximativement 9 à 13% du PIB nominal, chiffre qui varie considérablement selon les conditions climatiques. Plus précisément :

  • Q4 2024: PIB agricole de 25,78 milliards de dirhams
  • Q1 2025: PIB agricole de 27,54 milliards de dirhams (augmentation de 6,8% en un trimestre)
  • Projection annuelle 2025: Approximativement 109 milliards de dirhams, soit une croissance de 4,7% après un recul de 4,8% en 2024[3][6][10][9]

Cette volatilité remarquable du secteur agricole crée une instabilité macroéconomique significative. Une étude économétrique menée par Médias24 démontre que chaque augmentation de 1% de la valeur ajoutée agricole contribue à une augmentation de 0,098 point de pourcentage de la croissance du PIB réel (2 fois plus qu’avant la crise COVID). Cela signifie qu’une mauvaise campagne agricole peut réduire la croissance globale de 0,5 point de pourcentage, tandis qu’une excellente campagne peut la stimuler d’un montant similaire.[3]

Importance dans l’Emploi

Le secteur agricole marocain demeure le premier pourvoyeur d’emploi du Royaume, bien que sa part relative décline avec l’urbanisation et la tertiarisation progressive. En 2024-2025 :

  • Emploi direct dans l’agriculture primaire: Environ 3 à 3,5 millions de travailleurs
  • Pourcentage de l’emploi actif total: 30-38% de la population active, chiffre remarquablement élevé comparé aux pays développés où ce ratio est inférieur à 5%[1][2][9]
  • Emploi en milieu rural: Plus de 90% de la population rurale dépend directement ou indirectement de l’agriculture[2]

Au-delà du chiffre brut, l’agriculture génère des emplois indirects significatifs dans l’aval et l’amont de la chaîne : transport, commercialisation, transformation, stockage, distribution. Si on inclut ces emplois indirects, le multiplicateur d’emploi du secteur agricole approche probablement 2x l’emploi direct, suggérant que le secteur génère indirectement plusieurs millions d’emplois additionnels.[2]

Contribution aux Recettes d’Exportation

Le secteur agricole, incluant l’agroalimentaire, génère des recettes d’exportation vitales pour la balance des paiements marocaine. Les exportations agroalimentaires atteignent 3,7 milliards d’euros (37 milliards de dirhams) en 2023, représentant environ 13% des exportations totales du Maroc. Ces recettes constituent une source cruciale de devises étrangères permettant au Maroc de financer ses importations stratégiques (pétrole, équipements, technologies).[11][12][13]

Structure et Utilisation des Terres Agricoles

Superficie et Composition

Le Maroc dispose d’une Surface Agricole Utile (SAU) estimée à 8,7 millions d’hectares, représentant seulement 12,25% de la superficie totale du Royaume (73 millions d’hectares). Cette limitation foncière contraste avec l’importance démographique et économique du secteur, illustrant la densité relative d’utilisation des terres agricoles.[4][14][7][10]

chart:259

Au-delà de la SAU, le Maroc dispose de 20 à 25 millions d’hectares de terrains de parcours (steppes, semi-déserts, zones de montagne), peu productifs pour l’agriculture intensive mais jouant un rôle crucial pour l’élevage extensif dans les zones pastorales.[14][15][4]

Composition par Type de Culture

La distribution de l’utilisation des terres révèle une domination écrasante des céréales :

Céréales (Blé tendre, Orge, Blé dur): Occupent 71% de la SAU (5 millions d’hectares) mais ne contribuent qu’à 24% de la valeur ajoutée agricole. Cette disparité entre surface et valeur ajoutée reflète les rendements relativement faibles et la nature peu transformée de la production céréalière. Les trois régions historiques de production (Chaouia, Abda, Haouz) concentrent plus de 40% de la production nationale.[4][14]

Oliveraie (Olivier): Occupent approximativement 8% de la SAU (1,07 million d’hectares en 2019, en expansion depuis 720 000 ha en 2007). Cependant, contribuent à 5% seulement de la valeur ajoutée agricole sur la base de la valeur brute, chiffre qui augmente significativement lors de la transformation en huile de qualité.[16][17]

Légumineuses alimentaires: Occupent environ 3% de la SAU (168 000 à 326 000 hectares selon les années), avec production de fèves (57%), petits pois (20%), lentilles (20%), féverole (11%).[4]

Arboriculture fruitière autres: Approximativement 4% de la SAU, incluant amandiers, noyers, grenadiers, abricotiers, pêchers, et autres fruitiers.

Maraîchage (Cultures maraîchères): Occupent environ 2% de la SAU mais générent une proportion disproportionnée de la valeur ajoutée, notamment pour les tomates exportées, baies, avocats, et cultures intensives.

Composition du secteur agroalimentaire marocain par principales filières (valeur ajoutée estimée)

Autres (Pâturages, fourrages, cultures vivrières): Approximativement 12% de la SAU.

Cette composition illustre la sous-utilisation économique du potentiel foncier agricole : bien que 71% des terres soient dédiées aux céréales, seul 24% de la valeur provient de ce segment, tandis que le maraîchage (2% des terres) génère une valeur disproportionnée.

Les Principales Filières Agricoles

Filière Céréalière: Le Cœur Volatile de l’Agriculture Marocaine

Importance socioéconomique majeure:

  • 71% de la SAU avec 5 millions d’hectares de superficie moyenne
  • 24% de la valeur ajoutée agricole totale
  • 19% de l’emploi agricole total (29 millions de journées de travail annuelles)[4][14]
  • Surplus de chiffre d’affaires annuel: Supérieur à 15 milliards de dirhams lors de bonnes campagnes[14]

Production et rendements:
Entre 2003 et 2025, la filière céréalière a enregistré une remarquable amélioration des rendements : de 12 quintaux/hectare en 2003 à 17 quintaux/hectare en moyenne 2015-2019, soit une augmentation de 42% sur 16 ans. Cette amélioration reflète les effets du Plan Maroc Vert investissant dans la mécanisation, les semences améliorées, et la vulgarisation technique.[14]

Cependant, la production absolue montre une extrême volatilité climatique:

chart:260

  • 2003-2007 moyenne: 64 millions de quintaux
  • 2014-2015 record: 115 millions de quintaux (+80% vs pré-PMV)
  • 2019 moyenne: 80 millions de quintaux
  • 2024 (année de sécheresse): 31 millions de quintaux (-60% vs 2023)
  • 2025 projection (conditions climatiques améliorées): 44 millions de quintaux (+41% vs 2024)[3][9][4][14]

Consommation et couverture des besoins:
Un Marocain moyen consomme 200 kg de blé par an, soit trois fois la moyenne mondiale. Le blé constitue un élément de base de l’alimentation marocaine, notamment sous forme de pain. Cependant, la couverture des besoins nationaux reste insuffisante : en moyenne, 54% seulement des besoins en céréales sont couverts par la production locale, obligeant le Maroc à importer environ 6 milliards de dirhams de céréales annuellement.[4][14]

Cette dépendance alimentaire crée une vulnérabilité stratégique face à la volatilité des prix mondiaux des céréales et aux chocs géopolitiques affectant les chaînes d’approvisionnement internationales.[4][14]

Filière Oléicole: Modernisation et Exportation Croissante

Expansion remarquable:
La filière oléicole a connu une expansion spectaculaire au cours des deux dernières décennies. Entre 2007 et 2019, les superficies plantées en oliviers ont augmenté de 50%, passant de 763 000 hectares à 1,07 million d’hectares. Cette expansion reflète les investissements publics et privés via le Plan Maroc Vert et la demande croissante du marché international pour l’huile d’olive marocaine.[15][16][17]

Production et chaîne de transformation:
La filière dispose actuellement de :

  • 948 unités de trituration modernes et semi-modernes
  • 11 000 unités traditionnelles (Maâsras) – moulins traditionnels
  • 75 conserveries d’olives offrant une capacité de transformation diversifiée[16]

La production a plus que doublé : de 66 000 tonnes (période 2003-2007) à 142 000 tonnes (période 2015-2019) pour l’huile d’olive, tandis que la production d’olives de table est passée de 88 000 à 116 000 tonnes.[17][16]

Contribution à l’emploi et aux revenus:
L’oléiculture procure plus de 51 millions de journées de travail annuelles, équivalant à 380 000 emplois permanents. Cette importance en emploi reflète le caractère intensif en main-d’œuvre de la récolte et de la transformation traditionnelles.[16]

Filière Maraîchère et Fruits d’Exportation: Le Moteur du Succès International

Importance croissante dans les exportations:
Les fruits et légumes frais représentent le produit agricole marocain de plus grand succès international. Les tomates marocaines seules atteignent 767 000 tonnes exportées en 2024, plaçant le Maroc au 3e rang mondial derrière Mexique et Pays-Bas.[11][12]

Performance remarquable:
Entre 2005 et 2024, les exportations de tomates ont été multipliées par 3,5 (de 217 000 tonnes à 767 000 tonnes), générant 1,066 milliard d’euros de recettes en 2024 seul. Cette croissance reflète une spécialisation stratégique du Maroc dans les productions favorisant les avantages comparatifs : climat méditerranéen adaptés aux cultures hivernales, proximité des marchés européens, et expertise acquise.[12][11]

Au-delà des tomates:
Le Maroc s’affirme également comme producteur de fruits à haute valeur ajoutée : baies (fraises, myrtilles) et avocats. Ces productions bénéficient de :

  • Cultures sous serre permettant des calendriers contrôlés
  • Irrigation sophistiquée (goutte-à-goutte)
  • Normes phytosanitaires strictes répondant aux exigences UE
  • Logistique frigorifique améliorée[11][12]

Filière Sucrière: Intégration Verticale et Modernisation

Comme développé dans l’étude agroalimentaire antérieure, la filière sucrière marocaine incarnée par Cosumar représente un modèle d’intégration verticale sophistiquée couplant production agricole (betteraves et cannes à sucre) avec transformation industrielle. La filière mobilise 80 000 agriculteurs partenaires, injecte 3 milliards de dirhams annuels dans le monde rural, et représente un cas d’école de modernisation agricole coordonnée.[18][19]

Filière Laitière: Voie de Professionnalisation Progressive

La filière laitière marocaine demeure fragmentée avec un mélange de petits producteurs laitiers et quelques groupes industriels majeurs. Le secteur connaît une modernisation progressive grâce aux initiatives gouvernementales et aux investissements privés visant à améliorer les races laitières, l’alimentation animale et les normes d’hygiène.[20][21]

Défis Structurels Critiques

  1. Extrême Volatilité Climatique et Stress Hydrique

Le défi le plus critique pour l’agriculture marocaine reste l’extrême vulnérabilité climatique. Le Maroc est classé parmi les pays du monde les plus affectés par le changement climatique. Entre 2017 et 2023, le Royaume a subi une sécheresse quasi-continue, les précipitations chutant de 12 milliards de mètres cubes annuellement à seulement 5 milliards en 2023, soit une réduction de 58%.[1][22][23]

Cette crise hydrique se traduit directement en effondrement de production : la campagne agricole 2023-2024 a connu une chute de 60% de la production céréalière du fait de la sécheresse. L’agriculture, qui consomme 80% des ressources hydriques nationales, est particulièrement vulnérable.[3][9][23]

  1. Dépendance Persistante aux Importations Alimentaires

Malgré les progrès, le Maroc demeure structurellement importateur net de denrées alimentaires:

  • Céréales: Production locale couvre seulement 54% des besoins, nécessitant 6 milliards de dirhams d’importations annuelles[14]
  • Légumineuses: Autrefois exporter, le Maroc est devenu importateur[15]
  • Produits laitiers et protéines: Importations significatives[21]

Cette dépendance aux importations crée une vulnérabilité géopolitique et économique face aux fluctuations des marchés mondiaux et aux tensions géopolitiques.[14]

  1. Fragilité de la Base Productrice Agricole

La majorité des exploitations agricoles marocaines (approximativement 1,4 million) sont petites exploitations de subsistence disposant de :

  • Faibles revenus annuels (souvent inférieurs à 50 000 dirhams)
  • Accès limité au financement formel
  • Formations insuffisantes en techniques modernes
  • Peu d’infrastructures d’irrigation ou de stockage[1][2][8]

Cette fragmentation limite la capacité d’innovation et la résilience face aux chocs climatiques.[2][8][1]

  1. Absence de Structuration et Faible Taux d’Organisation

Bien que le Plan Maroc Vert et Génération Green aient priorisé la création de coopératives et groupements agricoles, le taux d’organisation des agriculteurs demeure très faible: seulement 20% des agriculteurs adhèrent à une coopérative ou groupement.[8]

Ce faible taux d’organisation limite :

  • L’accès collectif aux marchés et aux prix améliorés
  • La mutualisation des investissements en équipements
  • Le pouvoir de négociation face aux intermédiaires[8]
  1. Manque de Valorisation et de Transformation Locales

Bien que le Maroc exporte 767 000 tonnes de tomates fraîches, la transformation locale demeure très limitée. Peu de tomates sont transformées en concentré, sauce ou produits du terroir au Maroc même. Cette absence de valorisation ajoutée signifie que le Maroc capture une plus faible part de la chaîne de valeur comparé à ses concurrents qui transforment davantage localement.[11][12]

L’objectif gouvernemental est d’augmenter le taux de valorisation de 35% (actuel) à 70% d’ici 2030, réduisant les exportations de produits bruts au profit de produits transformés de plus haute valeur.[8]

Stratégies Gouvernementales de Transformation

Plan Maroc Vert (2008-2020): Réalisations et Acquis

Lancé en 2008 par le gouvernement marocain avec l’ambition de transformer l’agriculture moderne competitive et d’assurer la sécurité alimentaire, le Plan Maroc Vert a réalisé des résultats remarquables:[24][5][7]

Réalisations principales:

  • Augmentation de 42% des rendements céréaliers (de 12 à 17 quintaux/ha entre 2003 et 2019)[14]
  • Augmentation de 25% de la production céréalière totale (de 64 à 80 millions de quintaux entre 2003-2007 et 2015-2019)[14]
  • Doublement de la production oléicole (66 000 à 142 000 tonnes)[17]
  • Création de centaines de milliers de coopératives agricoles
  • Investissements massifs en infrastructure (irrigation, routes rurales, marchés de gros)[5][7][24]
  • Contribution à la stabilisation des revenus ruraux et réduction de l’exode rural dans certaines régions[24]

Cependant, le Plan Maroc Vert a également fait face à des critiques concernant son impact inégal sur les petits agriculteurs, la concentration des bénéfices auprès des investisseurs privés, et son insuffisance face aux défis climatiques émergents.[25][24]

Génération Green 2020-2030/2050: Nouvelle Vision Inclusive et Durable

Lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 13 février 2020, Génération Green représente une évolution majeure du modèle agricole marocain, capitalisant sur les acquis du Plan Maroc Vert tout en adressant ses lacunes:[5][7][8]

Deux piliers fondamentaux:

  1. Capital Humain et Inclusion Sociale:
  • Intégration de 350 000 jeunes dans le secteur agricole d’ici 2030[8][5]
  • Émergence d’une classe moyenne agricole : 400 000 ménages accédant à ce statut, 690 000 autres s’y stabilisant[8]
  • Protection sociale pour 3 millions de petits agriculteurs[8]
  • Mobilisation de 1 million d’hectares de terres collectives pour création d’exploitations de jeunes entrepreneurs[8]
  • Formation de 150 000 jeunes aux services agricoles et para-agricoles[8]
  1. Pérennité du Développement Agricole:
  • Doublement du PIB agricole d’ici 2030[7][5][8]
  • Doublement des exportations agricoles[8]
  • Augmentation du taux de valorisation de 35% à 70%[8]
  • Amélioration de l’efficacité hydrique (doublement)[8]
  • Conservation des sols et transition vers énergies renouvelables[8]
  • Renforcement de la résilience climatique du secteur[8]

Mise en œuvre programmatique:
La stratégie Génération Green s’articule autour de 235 projets couvrant 533 000 hectares et mobilisant 13,08 milliards de dirhams d’investissements, bénéficiant à 139 000 bénéficiaires directs.[7]

Objectifs structurels clés:

  • Multiplication par 5 du taux d’organisation des agriculteurs dans les coopératives et groupements[8]
  • Consolidation des filières agricoles stratégiques[8]
  • Modernisation des circuits de distribution (marchés de gros, souks)[8]
  • Amélioration de la qualité et de l’innovation technologique et pédagogique[8]

Perspectives et Trajectoire à l’Horizon 2030-2050

Projections Macroéconomiques

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) anticipe une reprise progressive de la performance agricole :

  • 2025: Valeur ajoutée agricole en croissance de 4,7%, après recul de 4,8% en 2024[3][10][9]
  • 2026: Croissance estimée à 3,3% en hypothèse de production céréalière moyenne[9]
  • Moyen terme: Croissance annuelle moyenne de 3-4% si stabilité climatique et pluviométrie normale[10][3]

Ces projections demeurent conditionner à l’amélioration des conditions climatiques et à l’absence de sécheresses majeures.[3][10][9]

Objectifs d’Expansion et de Diversification

Les ambitieux objectifs de Génération Green incluent :

Production diversifiée:

  • Augmentation progressive des cultures à haute valeur ajoutée (baies, avocats, produits de terroir)
  • Réduction progressive de la part des céréales dans le revenu agricole
  • Expansion de la filière biologique vers 25 000 hectares[5][8]

Réduction de la dépendance alimentaire:

  • Amélioration de la couverture céréalière de 54% actuellement vers 65-70% d’ici 2030
  • Réduction des importations alimentaires en valeur relative
  • Augmentation de la souveraineté alimentaire face aux chocs externes[8]

Défis Persistants de Mise en Œuvre

Malgré l’ambition de Génération Green, plusieurs obstacles majeurs persistent :

  1. Manque de financement adéquat pour les 235 projets programmés
  2. Capacités administratives limitées pour mise en œuvre coordonnée à l’échelle nationale
  3. Résistance au changement parmi certains petits agriculteurs traditionnels
  4. Risques climatiques inmaîtrisables pouvant dévaster les récoltes malgré meilleure gestion
  5. Tension entre amélioration de productivité et préservation environnementale[1][5][8]

Conclusion

Le secteur agricole marocain s’affirme comme la colonne vertébrale socioéconomique du Royaume, générant 109 milliards de dirhams de PIB, employant 30-38% de la population active et demeurant le premier pourvoyeur d’emploi rural. Cependant, cette importance socioéconomique coexiste avec une extrême vulnérabilité climatique et une dépendance persistante aux importations alimentaires qui compromise la souveraineté alimentaire marocaine.

La trajectoire du secteur depuis 2003 illustre à la fois le potentiel et les limitations : le Plan Maroc Vert a réussi à augmenter les rendements de 42% et diversifier la production, créant ainsi une base plus productive. Cependant, les défis structurels (fragmentation, manque d’organisation, absence de valorisation) et les chocs climatiques immaîtrisables limitent la croissance durable.

Génération Green (2020-2030/2050) représente une nouvelle génération de politiques agricoles plus inclusive et durables, visant à intégrer 350 000 jeunes, doubler le PIB agricole, et consolider la résilience face aux crises climatiques. Cependant, la réussite de cette stratégie dépendra de l’effectivité de mise en œuvre, du financement adéquat, et surtout de la capacité du Maroc à adapter son agriculture à une crise climatique longue durée caractérisée par sécheresses récurrentes et stress hydrique croissant.

À l’horizon 2030-2050, l’agriculture marocaine doit se réinventer autour de trois pilliers : 1) Résilience climatique via modernisation de l’irrigation et transition vers cultures adaptées à l’aridité croissante; 2) Inclusion sociale du monde rural dans la prospérité par organisation agricole renforcée et accès amélioré au financement; 3) Compétitivité internationale via diversification vers produits de terroir et à haute valeur ajoutée.

Avec ces transformations, l’agriculture marocaine pourrait consolider son rôle comme moteur durable du développement territorial et de la prospérité rurale pour les générations futures.

  1. https://www.mdpi.com/2673-4060/3/3/40/pdf?version=1662879698
  2. https://article.sciencepublishinggroup.com/pdf/10.11648.j.ijae.20210604.17.pdf
  3. https://medias24.com/2025/05/06/avec-une-croissance-de-51-en-2025-lagriculture-contribuerait-pour-049-point-a-la-croissance-du-pib-reel/
  4. https://www.fellah-trade.com/fr/filiere-vegetale/chiffres-cles-cerealiculture
  5. https://ezzouhour.ma/la-nouvelle-strategie-agricole-generation-green-2020-2030/
  6. https://fr.tradingeconomics.com/morocco/gdp-from-agriculture
  7. https://ormvatadla.ma/plan-agricole-regional-de-la-nouvelle-strategie-generation-green-2020-2030/
  8. https://www.agriculture.gov.ma/fr/ministere/generation-green-2020-2030
  9. https://lematin.ma/economie/le-hcp-table-sur-une-croissance-economique-de-44-en-2025/291218
  10. https://artus-maroc.ma/maroc-2025-une-croissance-economique-ambitieuse-de-38-annoncee/
  11. https://le212news.ma/exportations-agricoles-le-maroc-multiplie-par-cinq-la-valeur-de-ses-ventes-en-20-ans/
  12. https://lematin.ma/economie/fruits-et-legumes-le-maroc-double-ses-exportations-en-volume-en-20-ans/312246
  13. https://www.lebrief.ma/maroc-bilan-des-exportations-au-premier-trimestre-2025-100101068/
  14. https://www.agriculture.gov.ma/fr/filiere/Cerealiere
  15. https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_au_Maroc
  16. https://www.fellah-trade.com/fr/infos-agricoles/filiere-vegetale/chiffres-cles-oleiculture
  17. https://www.agriculture.gov.ma/fr/filiere/olivier
  18. https://fr.le360.ma/economie/cosumar-acteur-cle-du-made-in-morocco-industriel-et-agroalimentaire_FK7MY5IZ7RATPLQVKMVU7UXBCE/
  19. https://aujourdhui.ma/economie/made-in-morocco-cosumar-reitere-son-engagement-pour-la-production-locale
  20. https://fnh.ma/article/actualite-economique/agroalimentaire-le-secteur-contribue-a-hauteur-de-26-au-pib-industriel
  21. https://lematin.ma/economie/la-banque-mondiale-finance-la-transformation-agroalimentaire-au-maroc/256582
  22. https://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2024/06/17/promoting-climate-resilient-irrigation-in-morocco
  23. https://ropur.com/fr/water-scarcity-in-morocco-2024-2028-challenges-and-solutions
  24. https://www.e3s-conferences.org/articles/e3sconf/pdf/2024/57/e3sconf_joe4_03003.pdf
  25. https://www.ei-ie.org/fr/item/23207:maroc-un-rapport-souligne-les-inequites-causees-par-la-privatisation-de-leducation
  26. https://www.e3s-conferences.org/articles/e3sconf/pdf/2023/49/e3sconf_icies2023_01099.pdf
  27. http://thesai.org/Downloads/Volume14No3/Paper_22-A_Predictive_Approach_To_Improving_Agricultural_Productivity.pdf
  28. https://ccsenet.org/journal/index.php/ijef/article/download/0/0/45921/48890
  29. https://www.ocl-journal.org/articles/ocl/pdf/2022/01/ocl220041.pdf
  30. https://www.mdpi.com/2071-1050/13/21/11943/pdf